vendredi 12 décembre 2014

Star Ocean : The Last Hope International

La mauvaise nouvelle pour les uns : Star Ocean : The Last Hope International est pratiquement le même jeu lancé il y a un an sur Xbox 360. Autrement dit, vous n’avez aucune raison valable de vous procurer cette nouvelle version si vous avez déjà essayé/terminé la version Xbox 360. La bonne nouvelle pour les autres : Star Ocean : The Last Hope est un des rares bons jeux de rôles sur PlayStation 3 (à ce jour) qui mérite votre attention.

Ce n’est certainement pas à cause de son intrigue moyenne que TLH recevra des accolades. Le jeu est en fait un prologue à la série et j’ai bien apprécié sa prémisse, simplement parce qu’elle est plausible. Il raconte la destruction de la vie sur Terre, après qu’un conflit entre des superpuissances eut déclenché une cascade d’attaques nucléaires. Il est seulement possible d’y vivre sous terre, jusqu’à ce qu’une technologie facilite l’exploration spatiale. Les humains survivants créent alors la Space Reconnaissance Force afin d’explorer la galaxie pour y trouver une nouvelle planète habitable. Un bon départ. L’histoire devient par la suite générique, dès le moment où vous vous écrasez sur une planète et que vous découvrez qu’une race extra-terrestre désire prendre le contrôle de la galaxie. Les clichés s’enchaînent alors et certains revirements sont maladroitement expliqués par une science tordue. Dommage.

Il y a aussi un clivage énorme entre le sérieux de la mission et la maturité des personnages à qui elle a été confiée. Vous incarnez initialement Edge Maverick et Reimi Saionji, deux adolescents un peu attardés qui enchaînent les conversations plutôt honteuses. On comprend plus tard pourquoi ils ont été choisis, mais ça n’explique pas pourquoi ils ont été si mal préparés. La situation ne s’améliore pas du tout quand vous ajoutez des membres à votre équipe. Lymle est à peine débarrassée de ses couches. Sa voix fera sacrer plusieurs personnes. Pour ma part, j’ai trouvé ça plutôt adorable. Par contre, à chaque fois que le jeu introduisait un nouveau personnage de sexe féminin, mes oreilles n’en croyaient pas leurs yeux. Oui, la phrase précédente ne fait aucun sens. Welch, un personnage non-jouable, est carrément débile et sa voix est pire que des ongles de doigts sur un tableau. Meracle, une fillette-chat, est tout aussi insupportable. Croyez-le ou non, il y a pire encore. Sarah, de la race des Featherfolk, vous pousse pratiquement à utiliser les voix japonaises, quitte à ne rien comprendre sans sous-titres. Ajoutez à cela les nombreux moments forcés où les créateurs tenaient à mettre l’emphase sur les jupes courtes de ces fillettes. Je deviens peut-être trop vieux pour supporter ce type de jeux de caméra.

La force de Star Ocean
The Last Hope est véritablement le gameplay. D’abord, explorer les planètes est un plaisir coupable, surtout que les développeurs ont placé des trésors et des endroits où creuser un peu partout sur la carte. Les ennemis sont visibles à l’écran et il est possible de les éviter la plupart du temps. Retourner sur ses pas n’est donc pas trop éreintant. Forêts, corridors, plages, montagnes enneigées, petits villages, grandes villes, châteaux et vaisseau futuriste sont tous des exemples d’environnements à explorer. La diversité est au rendez-vous. La beauté aussi, plus souvent qu’autrement. Il y a bien quelques endroits qui manquent d’inspiration et de finition, mais ce n’est pas le norme. Les objets que vous ramassez permettent, avec d’autres ingrédients et minéraux, de créer vos armes/objets/repas/potions/etc. Le concept vous pousse à explorer, tout en demeurant totalement facultatif. Le seul défaut est que vous devez visiter Welch pour combiner vos éléments. Il est aussi important de mentionner que les points de sauvegarde sont parfois très éloignés ou alors ce sont les séquences vidéo qui sont longues. L’idéal est vraiment d’effectuer des sessions d’au moins une heure pour ne pas être pressé par votre horaire.

Et il y a surtout les combats. Comme je viens de le mentionner, ils sont déclenchés lorsqu’un ennemi entre en contact avec votre personnage. Ensuite, contrairement à la plupart des RPG japonais, les combats sont en temps réel. Ils rappellent fortement ceux de la franchise Tales of, avec quelques nuances et améliorations. La plus grande force est de pouvoir contrôler un personnage ou un autre à tout moment. Ainsi, les combats sont presque toujours uniques. Personnellement, quand je commençais à maitriser un personnage, je me concentrais sur le suivant. Quand le cycle était terminé, je revenais au premier personnage, qui avait alors une série de nouvelles habiletés contre des ennemis plus coriaces. Chacun a un style différent. Edge est idéal au corps à corps, rapide et assez puissant. Reimi est aussi rapide, mais elle se bat à distance avec son arc. Lymle est vulnérable, et elle sert beaucoup à guérir vos collègues. Et ainsi de suite.

Pendant que vous contrôlez un personnage précis, les autres héros sont contrôlés par l’intelligence artificielle et le résultat est assez bon. Il est possible de leur donner un ordre général, comme de rester loin des ennemis ou encore de foncer dans le tas. Parfois, le tout devient un peu chaotique, mais il est possible de reprendre son souffle en ouvrant un menu en appuyant sur un seul bouton. Quelques subtilités font aussi toute la différence. Il y a notamment les manœuvres de type Blindside qui permet de confondre votre ennemi et de l’attaquer par derrière. Elles requièrent un peu de pratique et de réflexe. Il y a aussi une planche formée d’hexagones à la droite de l’écran. Il est possible de remplir cette planche avec des couleurs qui représentent des bonis. Par exemple, si vous tuez une créature en utilisant seulement vos attaques spéciales, une pastille rose s’ajoutera. Cette dernière vous donnera 1% de vos points de vie/de magie à la fin de chaque combat. Plus vous en avez, plus ce pourcentage augmente.

Maintenant, la question que plusieurs se posent : qui a-t-il de nouveau dans cette version International ? Rien pour écrire à sa mère, à mes yeux. Il y a d’abord et surtout les voix originales en japonais. Cette trame permet d’éviter les voix anglaises insupportables, surtout celles des dames. En même temps, se fier sur les sous-titres n’est pas nécessairement une meilleure expérience. À noter que vous pouvez les mettre en français. Parmi les autres changements, sachez que tout se retrouve sur un seul disque, avec une installation obligatoire. Par conséquent, pas besoin de changer de disque comme sur Xbox 360 ! Visuellement, il est maintenant possible d’afficher les portraits des personnages en utilisant deux styles différents. Celui par défaut est plus moderne, l’autre plaira aux fans d’animes. Plutôt mineur à mon avis. Les créateurs ont aussi modifié certains trésors, qu’il est maintenant impossible d’ouvrir avant d’avoir trouvé un objet bien précis. Puis, certains items ne peuvent plus être obtenus aussi tôt dans l’aventure, question de ne pas briser l’équilibre du jeu en permettant la création d’armes trop puissantes de façon hâtive. Il est donc beaucoup plus difficile d’abuser du système de créations. On aurait évidemment aimé une nouvelle planète, un nouveau donjon, quelques missions supplémentaires. Nada.

Jouabilité
Les combats et l’exploration, qui représentent 80% de l’expérience, sont des réussites. Bon, le jeu est linéaire, on aurait aimé davantage de points de sauvegarde pour éviter les sessions de plus d’une heure, mais ce sont des défauts assez mineurs dans l’ensemble. 17 /20

Scénario
La prémisse est intéressante, mais après une heure les clichés commencent à se succéder et l’intrigue devient un peu prévisible. De plus, les personnages, sauf une ou deux exceptions, ne sont pas vraiment aimables. 14 /20

Qualité graphique
La plupart des environnements sont très jolis. De plus, la diversité est au rendez-vous. Les animations des personnages auraient pu être mieux, tout comme les lieux intérieurs qui souffrent parfois de copier/coller. 16 /20

Qualité sonore
Rien de négatif à dire sur la musique, qui est très bonne sans être exceptionnelle. Par contre, les voix anglaises sont vraiment, mais vraiment irritantes. Au moins la trame japonaise vous permet de vous sauver, sauf que vous devrez composer avec ses sous-titres. 14 /20

Durée de vie
L’aventure principale est longue, suffisamment pour justifier le prix d’achat. Les à-côtés, comme les Trophées PSN, les Battle Trophies et les quêtes secondaires garderont l’attention des plus zélés pendant des dizaines d’heures supplémentaires ! 18 /20

N’y allons pas par quatre chemins. Star Ocean: The Last Hope International ne vaut pas la peine si vous avez déjà joué à la version Xbox 360. Les « nouveautés » sont minimes et les changements ont peu d’impact réel. Sinon, c’est un jeu de rôles tout à fait compétent, à condition d’accepter que l’histoire soit décevante après un début intéressant et que certains personnages sont mémorables pour les mauvaises raisons. Pourquoi vaut-il la peine? Tout simplement parce que le jeu est amusant, les environnements sont plaisants à explorer et l’aventure est assez longue pour justifier un prix d’achat élevé, surtout sur une console où les RPG ne couraient pas les rues avant de débuter cette année 2010.